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mercredi, 12 décembre 2012

Quelques réflexions sur la pédagogie

Pour faire travailler un élève, je n'ai pas de méthode systématique.

Tout se trouve dans la manière de faire les gestes, de s'asseoir, de positionner ses mains, de la vitesse de déplacement, dans le soin du doigté, dans la motivation, le choix du répertoire, dans le temps dont on dispose.

Si c'est un débutant, par exemple, je m'adapte en l'observant et en l'écoutant.

Je lui apprends des positions de base, des attaques, des gestes et J'essaie de démarrer très vite  sur du répertoire en me disant que la lecture viendra, les réflexes, le rythme par la répétition, l'écoute,  l'imitation, l'intuition, l'improvisation (je joue beaucoup à mes élèves)

Je montre toutes sortes de choses en vrac au fur et à mesure que le besoin s'en fait sentir.

Je suis exigeante en demandant de corriger les défauts immédiatement.

Parfois, je décide de donner un cours précis.

Je vérifie par exemple que tous les arpèges de septième de dominante sont acquis avec leurs renversements.

Ou bien je donne à déchiffrer une petite pièce facile ou un bout d'une autre plus difficile.

Ou encore, je tente de corriger de mauvaises attaques (trop faibles, trop dures, crispées,etc...

 Je constate très souvent des raideurs parasites dans les poignets qui enlèvent à la qualité du son, le poids étant retenu dans les poignets n'atteint pas la touche correctement.

Je donne des conseils de travail.

Je parle très souvent de la position des pieds, du dos, de la façon de s'asseoir, des pédales, de la respiration.

J'insiste sur la découverte du répertoire, des pianistes en tous genres, des styles, des époques, de l'histoire du piano.

Le temps passe vite dans un cours et il y a tant à faire sur un piano et dans la tête et dans le corps du pianiste.

Et les gens sont si impatients!

Les prédispositions naturelles pour jouer, apprendre, mémoriser existent, c'est une évidence mais elles ne sont pas toujours décelables immédiatement.

Les qualités nécessaires à un pianiste pour toucher les coeurs ne consistent pas en des règles précises.

Si l'intuition  est nécessaire pour vivre la musique au mieux de nos capacités, la patience et le travail sont les matières premières.

 La musique ne donne rien à l'indolent, au négligent.

Elle donne aux humoristes, elle est généreuse avec ceux qui restent plein d'humilité.

Si quelqu'un veut vraiment jouer et offrir une oeuvre, il doit s'y investir personnellement le plus possible.

La réussite entraîne ensuite des repères psychologiques et techniques solides.

Si une personne venant me voir a pratiqué le piano plusieurs années avec un autre professeur, souvent, je peux ,d'après son jeu, définir de quelle école de piano il retourne.

 Je constate parfois que des personnes sont victimes d'escroquerie intellectuelle en suivant des méthodes d'apprentissage qui relèvent du charlatanisme vous promettant d'apprendre à jouer en 3 mois.

 Si l'on voulait connaître tout le répertoire du piano il faudrait plus de trois cents ans.

La pédagogie du piano allie une approche scientifique et une conception artistique à des connaissances précises de l'écriture musicale même improvisée.

Rien n'est simple pour obtenir des résultats, il faut un cadre multidisciplinaire.

L'apprentissage requiert des prises de conscience complexes dans des domaines variés: audition,  activités motrices, visuelles, intellectuelles.

Et surtout du calme et de la confiance.

La musique ne projette pas d'images concrètes.

Elle n'a pas le pouvoir de la parole, des mots (ou alors elle les renforce)

Elle nous fait voyager dans son propre langage de communication.

Tout ce qu'on donne à la musique nous est rendu.

La musique est un langage sacré


 

02:41 Écrit par nathalie dans Pédagogie | Commentaires (0)

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