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mercredi, 15 mai 2013

Beethoven:première sonate opus 2

L'opus 2 comprend trois sonates:

 n°1 en fa mineur

 n° 2 en la majeur

n° 3 en do majeur

Ces trois sonates pour "clavecin ou piano-forte" ont été composées entre 1794 et 1795.

Elles sont dédiées à Haydn, "Docteur en musique".

Il avait 25 ans.

Elles furent publiées à Vienne chez Artaria en mars 1796.

Beethoven les joua lui-même devant Haydn chez le Prince Lichnowsky, chambellan à Vienne, mécène, ancien élève de Mozart, et grand amateur de musique .

Son imagination remarquable est déroutante, les intensités, les colorations, les effets techniques et les émotions qui se dégagent déjà dès ces premières oeuvres viennent nous surprendre sans prévenir, sans que l'on s'en doute.

La première sonate en fa mineur n'est pas réellement la première qui fut écrite par lui car à l'âge de douze ans, en 1782, Beethoven composa trois sonates surprenantes également pas leur degré de difficulté technique mais sans numéro d'opus.

Sa magnifique oeuvre pour piano commence pour lui avec l'opus 2 en fa mineur.

Il tenait beaucoup à celle-ci. En 1823, lors d'un entretien avec Schindler, il la plaça en tête d'une série de ses compositions, au début d'une gradation exprimant des états psychologiques analogues et qui s'établit comme suit:

fa mineur opus 2

do mineur opus 13 (la célèbre Pathétique)

opus 23 pour violoncelle et piano

opus 29  2ème quintette à cordes

opus 31 n°2 La tempête

opus 57 L'appassionnata.

La tonalité de fa mineur est assez peu courante à cette époque.

Beethoven la réutilisera dans l'Appassionnata.

Rappelons-nous que Beethoven arrive à Vienne en 1792, il a 22 ans.

Il étudie avec Haydn qui quittera Vienne deux ans plus tard pour Londres en 1794.

C'est alors que Beethoven compose l'opus 2.

La sonate en fa mineur comprend quatre mouvements:

L' Allegro à deux temps avec une blanche par temps contient 152 mesures constituées de 48 mesures d'exposition avec reprise, le développement et la réexposition s'articulant sur la suite avec barres de reprise également.

L'Adagio à trois noires en fa majeur contient 61 mesures. Une nouvelle version enrichie du troisième quatuor en do majeur de 1785. Il est extrêmement intéressant de le comparer avec le mouvement lent de la dernière sonate de Mozart n°18 en ré majeur.

Le Menuetto Allegretto à trois noires en fa mineur et fa majeur pour le trio contient 73 mesures avec de nombreuses reprises.

Le prestissimo à deux blanches comprend 196 mesures avec deux reprises: c'est une forme rondo avec un développement complexe. Motifs et voix se superposent, s'imbriquent.

Cette sonate que j'ai travaillé à l'âge de douze ans m'effrayait. Je trouvais l'ensemble très difficile. La virtuosité débordante du prestissimo entre autres .

Aujourd'hui, après des années, cette sonate me semble difficile différemment. C'est la composition globale, les choix d'interprétation qui m'apparaissent compliqués.

Faut-il la jouer en pensant au clavecin, au piano forte de l'époque ou bien utiliser toutes les ressources actuelles des pianos modernes?

Beethoven avait dans l'oreille la musique de clavecin de ses prédecesseurs, Haydn, Mozart pour ne citer que ces deux géants et il possédait déjà comme en couveuse toutes les modernités qu'il apporta toute sa vie au monde pianistique.

Classicisme et romantisme semblent se mélanger. En effet comment interpréter le plus justement possible cette première sonate?

Beethoven se lance dans sa carrière de compositeur avec résolution et conviction en  numérotant son travail estimant qu'il peut avancer dans l'aventure. Il connaît ses héritages. Il est capable de faire le tri, de jeter ou de garder ce qui lui semble utile pour affirmer sse propres visions. Haydn lui reproche dans cette sonate des modernités choquantes. C'est dans cette charnière de l'histoire du piano que se situe l'opus 2 n°1 de Beethoven.

Pour bien jouer cette sonate, il convient sans doute d'abandonner des "vieilleries" et réfléchir immédiatement à la personalité de Beethoven et ce qu'il cherche à dire même s'il subit encore les influences de ses maîtres et s'il utilise des matériaux classiques du XVIIIème siècle.

Mais nous sommes à la fin de ce siècle et les idées révolutionnaires sont passées dans l'air.

Il faut sans doute chercher un juste équilibre sonore par un emploi juducieux des pédales, un son à mi-chemin entre le clavecin et le piano et garder à la conscience le récit déjà fougueux et moderne bien que dans une forme traditionnelle.

Les interprétations très différentes des plus grands pianistes proposant cette sonate démontrent bien que les choix ne sont pas évidents.

(Gieseking, Bachaus, Schnabell, Arrau, Kempf, Nat, Brendel etc...)

Ce qui reste important, c'est le chemin pour aller la jouer.

 

15:37 Écrit par nathalie dans Les compositeurs | Commentaires (0)

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