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jeudi, 05 mai 2016

Saint-Hyppolite-du-Fort

Le dimanche 8 Mai 2016

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A 17 heures, Gauthier WILLM nous fera entendre l'orgue qui fait la
fierté de notre localité, dans un programme BACH ou MENDELSOHN...
 

A la suite, Nathalie DECORDE nous fera entendre, en guise
d'inauguration, le superbe piano ERARD 1/2 queue qui nous a été
offert, dans un programme de préludes de CHOPIN.

 

 

 

 

 

 

Au sujet des Préludes de Chopin

Par Nathalie Decorde

 

       Lorsque Didier Guiraud m’a demandé d’inaugurer le piano qui est arrivé dans le temple, j’ai pensé jouer des préludes, car ces pièces servaient à l’origine à tester les instruments.

Comment cette idée est venue dans ma tête, je ne sais, toujours est-il que j’ai commencé à chercher quels préludes j’allais jouer, j’ai pensé bien-sûr aux préludes et fugues de J.S Bach puis… à Chopin. Je n’avais encore jamais travaillé le cycle des 24 préludes. Comme tout pianiste qui se respecte, je les avais bien-sûr déchiffrés. Voilà donc un mois que ces 24 pièces occupent mon esprit et mon corps et ma mémoire est en chantier.

De l’opus 28, parus en 1839, il existe un autographe de chacun des 24 morceaux.

Fontana, ami fidèle de Chopin fit une copie qui servit de modèle à l’édition allemande. Cette copie et les autographes sont les sources principales.

D’autres documents se trouvent dans des bibliothèques de Munich, Varsovie, Paris, Berne, Bâle.

Lorsque Chopin part à Majorque avec George Sand, il tâche de remplir le contrat passé avec Camille Pleyel, dédicataire et éditeur des 24 préludes, cela, malgré la maladie qui retarde le travail.

Le 3 décembre 1838, il écrit à Fontana :

« Je ne puis pas t’envoyer les manuscrits, car ils ne sont pas encore prêts. Pendant les trois dernières semaines, j’avais été malade comme un chien, malgré la chaleur de dix-huit degrés, malgré les roses, les orangers, les palmiers, les figuiers en fleurs. J’avais pris très froid…. »

Il expédia les préludes le 12 janvier 1839.

Cette collection de pièces est écrite selon le cycle des quintes, chaque ton majeur suivi de son relatif mineur. Ils diffèrent en cela des préludes et fugues de Jean Sébastien Bach classés dans un ordre chromatique et auxquels Chopin rend hommage.

Chopin qui admirait J.S. Bach qu’il avait découvert très jeune grâce à son premier professeur de piano, Adalbert Zwyny,  jouait chaque jour les Préludes et Fugues du Clavier bien Tempéré qu’il transposait volontiers et connaissait par cœur.

Les préludes de Chopin, eux, ne préludent à rien, n’introduisent pas de fugues.

Il fait plus court, plus instantané.

Ils se suffisent à eux-mêmes.

Extrêmement variés, ils nécessitent un toucher très maîtrisé à chaque note.

Economie et concision, ils sont une suite d’esquisses infaillibles ou mathématique et spiritualité se rejoignent.

Réminiscences, danses, chants, frémissements du vent ou de l’âme, vagues, promenades en mer ou champêtres, la source, l’oiseau, tout l’inspire.

On peut les considérer comme une naissance du mouvement impressionniste mais comme disait Debussy :

« La musique de Chopin échappe au jeu des classifications ».

 « Admirables par leur diversité, le travail et le savoir qui s’y trouvent ne sont appréciables qu’en un scrupuleux examen. Tout semble de premier jet, d’élan, de soudaine venue. Ils ont la libre et grande allure qui caractérisent les œuvres de génie » (Franz Liszt)

Tout y est pensé très soigneusement.

Ils sont en effet riches: passion, révolte colère, sentiment de l’inexorable, plainte, tendresse, inquiétude, intériorité, sérénité…

Parfois on touche les portes de l’enfer ou de l’extrême.

Jusqu’à jeudi 5 mai, je ne savais pas encore lesquels j’allais jouer dimanche 8, mais il a fallu prendre une décision. J’en jouerai dix.

Le premier en do majeur est un tendre agitato avec un chant de ténor doublé au à l’unisson au soprano.

Le deuxième en la mineur est probablement le plus  tendu psychologiquement qu’Ingmar Bergman met en valeur dans son film « Sonate d’Automne ». L’ambiance désincarnée est lugubre et surprenante.

Le troisième en sol majeur est plus joyeux et très technique, la main gauche créant des arabesques rapides  et incessantes.

Le quatrième en mi mineur (l’un des plus connus) est plus apaisant, il est basé sur une progression harmonique chromatique en accords répétés.  Gainsbourg par exemple l’a repris pour la chanson « Jane B ».

Le sixième en si mineur est une sorte de barcarolle où Chopin laisse parler le violoncelle, instrument qu’il affectionnait particulièrement. L’une des œuvres les plus connus. Ces deux-là (N° 4 et 6) furent joués au grand orgue de la Madeleine à Paris par Lefébure-Wély lors des obsèques de Chopin.

Le septième en la Majeur est une petite mazurka, comme un clin d’œil à son pays natal. C’est le plus court des préludes.

Le neuvième en mi majeur est délibérément dans les basses, un chant profond et puissant.

Le onzième  en si majeur, vivace, est plutôt plein de joie, de gaieté et de légèreté auquel contribue le rythme à 6/8, volontairement instable avec des hémioles écrites dans certaines mesures (3+3 devenant 2+2+2). Assez difficile à maîtriser sur les touches noires

Le quinzième en ré b majeur (dit le prélude de la goutte d’eau, terme qui aurait fâché Chopin car il détestait tout l’ensemble sottisier qu’on attribuait à sa musique) est plus proche des nocturnes, c’est le plus long des préludes.

Le vingtième en do mineur est un magnifique prélude de choral, (une marche funèbre selon Hans de Bullow) qui a inspiré de nombreux musiciens : Rachmaninoff et Busoni en ont fait des variations,  et plus près de nous, Alain Chamfort, Jean-Luc Ponty, Funeral Doom Metal, the pianoGuys, Ken Skinner … et d’autres encore.  Solennité et tristesse. Une beauté inégalable.

Le vingt-deuxième en sol mineur  est une expression de colère et de force qui semble nous rappeler que Chopin n’a jamais oublié l’occupation de la Pologne.

Qu'on s'imagine une harpe éolienne possédant toute la gamme des tons, et que la main d'un artiste enchevêtre ces tons de fantastiques ornements de telle sorte qu'une profonde note fondamentale ne cesse de se faire entendre ainsi que le doux chant d'une note plus haute, qu'on essaie de se figurer tout cela, et l'on se fera à peu près une idée du jeu de Chopin. (Schumann)

 

 

23:18 Écrit par nathalie dans Concerts, enregistrements, Piano | Commentaires (0)

dimanche, 07 février 2016

Marcelle Heuclin

Elle habitait dans le 9ème arrondissement  .

Assistante de Vlado Perlemuter, elle me donnait une heure de leçon particulière chaque semaine.

D'une très grande rigidité, elle était culpabilisante avec moi, qui, très jeune, tentait de comprendre toutes les subtilités contenues dans la musique, par exemple, dans les préludes et fugues de Bach qu'elle décidait de changer tous les quinze jours.

 Si  je n'avais pas compris assez vite à son gré, elle me renvoyait une image détestable de moi-même.

Par exemple, elle pensait que j'étais trop lente  pour transposer dans d'autres tonalités la fugue en do majeur ou celle en la b majeur dans le premier livre du clavier bien tempéré.

Ou bien elle me disait que je n'étais pas assez développée physiquement (j'avais 14 ans) pour jouer le  concerto de Schumann que m'avait demandé par ailleurs Vlado Perlemuter.

En bref, elle était d'une très grande exigence que j'appréciais si toutefois elle me laissait un peu de temps pour assimiler ses conseils de dragon.

Exigeante sur le texte. elle ne supportait pas la moindre erreur, elle avait  raison.

C'était plutôt sa manière de transmettre qui manquait de souplesse pour des jeunes élèves.

Bien-sûr elle devait bien avoir ses préférences et elle n'était pas du genre à avoir lu Jean Piaget, Françoise Dolto ou tout autre réflexion sur l'enfance ou l'adolescence, me semble-t-il.

Plus toute jeune lorsque je l'ai connu, (elle était à l'âge de la retraite)  Vlado Perlemuter  m'envoya travailler avec son autre assistante Suzanne Roche qui habitait à Montmartre.

Mais malgré la terreur qu'elle m'inspirait et qui malheureusement est restée longtemps, je résistais .

Le problème est qu' il n'est pas bon de travailler le piano ou toute autre discipline en ayant à lutter psychologiquement face à des agressions gratuites.

Malgré tout, elle m'a appris que l'on peut transposer des fugues de Bach (sans aucun conseil pour cela). Je devais le faire et point final.

Par contre, elle exigeait que je chante les voix séparées, excellent conseil.

Je me souviens de sa salle à manger où elle me faisait attendre lorsque la leçon précédente n'était pas finie. C'était un peu sombre.

Chez elle, on rencontrait rarement un autre élève. Il y avait un système de portes donnant sur l'entrée qui lui permettaient d'empêcher toute rencontre entre les gens qui défilaient chez elle, élèves ou autres.

C'était un professeur intraitable qui exigeait une totale soumission et une rigueur incroyable. Née en 1900, elle a vécu presque les 100 ans du siècle passé:

J'ai trouvé dans les archives du journal "L'humanité" du 2 Février 1996 l'entrefilet suivant, (il y a 20 ans déjà):

Mort de la pianiste Marcelle Heuclin

La pianiste et professeur de piano française Marcelle Heuclin vient de mourir à Paris à l'âge de quatre-vingt-seize ans. Elève de Lazare Levy et de Francis Planté, Marcelle Heuclin avait été de 1952 à 1972 l'assistante du pianiste Vlado Perlemurter au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.

 

18:01 Écrit par nathalie dans Pédagogie, Rencontres | Commentaires (0)

lundi, 01 février 2016

Technique de piano

Il est très difficile de parvenir à la facilité.

L'une des grandes difficultés que rencontrent les pianistes, c'est de garder les articulations très libres, celles des poignets, des coudes, des épaules, des chevilles tout en ayant des doigts d'acier.

L' attaque (on appelle ainsi le geste nécessaire à la production de chaque son) nécessite un contrôle de l'oreille afin que les harmoniques soient perceptibles selon la durée et l'intensité et cela dès la première leçon de piano car l'oreille guide le geste et jamais le contraire.

Pour cela, plus on possède un excellent piano, mieux cela vaut.

C'est une attention donc, sans relâche dans la construction physique qui dure de nombreuses années et même la vie entière.

Eviter les douleurs, les crispations, les tendinites, les problèmes de dos etc, voilà tout un art et une entreprise d'envergure.

L'aisance dans le corps libère l'esprit et permet de produire une grande qualité sonore afin de laisser s'exprimer toutes les subtilités de la musique que l'on joue.

Libéré des contraintes dites techniques, le pianiste devient alors son propre auditeur au même titre que ceux qui l'écoutent.

Le jeu s'accomplit sans effort.

20:05 Écrit par nathalie dans Pédagogie | Commentaires (0)

lundi, 11 janvier 2016

Ignace Pleyel

Lorsqu'on a pour vocation la musique, la perfection doit être permanente.

(Ignace Pleyel)

14:59 Écrit par nathalie dans Citations | Commentaires (0)

Pour en savoir plus

Comme la collection l'indique, on peut en savoir plus dans le livre que j'ai édité chez Hachette.

 

14:56 Écrit par nathalie dans Les instruments de musique | Commentaires (0)