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vendredi, 24 juin 2016

Message de Bertrand Lemarchand

Message que  Bertrand Lemarchand m'a envoyé au sujet de Sergio Ortega (article dans les rencontres) Avec son aimable autorisation.

 

"Bonjour Nathalie,

Nous nous sommes sans doute rencontrés dans la classe d'écriture de Sergio Ortega (j'étais "élève" la dernière année 2002/2003 à Pantin. Je me permets de vous écrire après avoir lu votre texte sur Sergio.

Je l'ai trouvé très juste et j'ai retrouvé toute l'humanité et la liberté qui régnait dans son cours. Je n'ai passé qu'une saison à ses côtés et j'ai compris cette année là, que je serais marqué et influencé pour le restant de ma vie.

Comme vous, j'ai été très affecté par sa mort, il m'a fallu bien des années pour en faire le deuil et je n'ai qu'un regret, c'est de ne pas l'avoir remercié suffisamment de son vivant. J'ai récemment enregistré un disque de mes compositions et Sergio bien sûr, n'est pas étranger à ce travail.

Ca été pour moi, l'occasion de faire enfin ces remerciements.

Merci encore pour votre texte.  Bertrand Lemarchand"

Bien cordialement,

Site : http://www.bertrandlemarchand.fr

22:41 Écrit par nathalie dans Les compositeurs, Rencontres | Commentaires (0)

lundi, 11 janvier 2016

Schubert

Lire, entendre, jouer la musique de Schubert est pour tous les musiciens un immense privilège.

L'élan vital y est si naturel que nous n'avons pas à réfléchir des centaines d'heures à son interprétation.

Il nous communique ses intentions avec tant de simplicité. C'est l'évidence même.

Nous calquons notre âme à la sienne, nos gestes aux siens.

Il souffrit de difficultés matérielles pour survivre, mais son esprit tout entier fut au service de l'humanité avec une force et une constance extraordinaires.

"Grâce à Schubert, nous devenions tous frères et amis"

(Joseph Von Spaun)

 

" Qu'importe si l'on s'endort en écoutant  Schubert puisqu'on se réveille au ciel"

(Stravinsky)

14:51 Écrit par nathalie dans Citations, Les compositeurs | Commentaires (0)

lundi, 04 janvier 2016

Chopin : prélude en do Majeur n°1 opus 28

Chopin : prélude en do Majeur n°1 opus 28

Pour André Gide, le premier prélude de Chopin est une œuvre élue, une composition qu’il aime. Le mot « agitato » qui figure en tête du morceau, et qu’il a bien lu, suggère à l’écrivain une réflexion importante et intéressante.

Il pense que le mouvement voulu par Chopin n’a rien de « frénétique » ni de « désordonné ». («… entre toutes les compositions de Chopin, une de celles qui prête le plus à la mésentente, une de celles que l’on peut le plus facilement abîmer et dont la mésinterprétation me paraît la plus monstrueuse » extrait des Notes sur Chopin L’Arche 1948 page 33).

Pas de chaos, pas de vitesse excessive, le mot agitato ne signifie pas vivace et je pense qu’André Gide qui n’était pourtant pas un professionnel du piano avait raison, que ce morceau n’est qu’une grande vague, majestueuse, belle, tranquille, malgré le mot « agitato » trompeur à mon sens. Ce n’est pas la tempête, ni une agitation effrénée. Pas de grand trouble mais une belle ondulation, des remous, des élans. Certains interprètes jouent ce prélude tellement vite qu’ils démolissent le duo si tendre, à l’octave (à l’unisson) entre le ténor et le soprano. L’agitato est un agitato-écrit dans la pièce elle-même, intrinsèque par le balancement des rythmes imbriqués des quatre voix, par l’emploi du chromatisme et le rythme plus serré des trois pour deux  puis le stretto.

Pourquoi massacrer les couleurs harmoniques aux mille reflets, en jouant trop vite ?

Il n’est pas écrit qu’il ne faut rien écouter ou ne rien donner à entendre ni qu’il convient d’ôter de l’air à la mélodie ou aux arabesques de l’alto.

Il n’est pas écrit qu’il faut empêcher la respiration de la basse et du mouvement souple des gestes pianistiques.

Chopin sait demander à ses interprètes lorsqu’il souhaite un agitato plus vif comme dans l’indication du prélude N° 8 en fa dièse mineur où il écrit Molto agitato (très agité) bien que là encore cela ne signifie pas un prestissimo.

 

00:44 Écrit par nathalie dans Interprétation, Les compositeurs, Pédagogie | Commentaires (0)

mercredi, 15 mai 2013

Beethoven:première sonate opus 2

L'opus 2 comprend trois sonates:

 n°1 en fa mineur

 n° 2 en la majeur

n° 3 en do majeur

Ces trois sonates pour "clavecin ou piano-forte" ont été composées entre 1794 et 1795.

Elles sont dédiées à Haydn, "Docteur en musique".

Il avait 25 ans.

Elles furent publiées à Vienne chez Artaria en mars 1796.

Beethoven les joua lui-même devant Haydn chez le Prince Lichnowsky, chambellan à Vienne, mécène, ancien élève de Mozart, et grand amateur de musique .

Son imagination remarquable est déroutante, les intensités, les colorations, les effets techniques et les émotions qui se dégagent déjà dès ces premières oeuvres viennent nous surprendre sans prévenir, sans que l'on s'en doute.

La première sonate en fa mineur n'est pas réellement la première qui fut écrite par lui car à l'âge de douze ans, en 1782, Beethoven composa trois sonates surprenantes également pas leur degré de difficulté technique mais sans numéro d'opus.

Sa magnifique oeuvre pour piano commence pour lui avec l'opus 2 en fa mineur.

Il tenait beaucoup à celle-ci. En 1823, lors d'un entretien avec Schindler, il la plaça en tête d'une série de ses compositions, au début d'une gradation exprimant des états psychologiques analogues et qui s'établit comme suit:

fa mineur opus 2

do mineur opus 13 (la célèbre Pathétique)

opus 23 pour violoncelle et piano

opus 29  2ème quintette à cordes

opus 31 n°2 La tempête

opus 57 L'appassionnata.

La tonalité de fa mineur est assez peu courante à cette époque.

Beethoven la réutilisera dans l'Appassionnata.

Rappelons-nous que Beethoven arrive à Vienne en 1792, il a 22 ans.

Il étudie avec Haydn qui quittera Vienne deux ans plus tard pour Londres en 1794.

C'est alors que Beethoven compose l'opus 2.

La sonate en fa mineur comprend quatre mouvements:

L' Allegro à deux temps avec une blanche par temps contient 152 mesures constituées de 48 mesures d'exposition avec reprise, le développement et la réexposition s'articulant sur la suite avec barres de reprise également.

L'Adagio à trois noires en fa majeur contient 61 mesures. Une nouvelle version enrichie du troisième quatuor en do majeur de 1785. Il est extrêmement intéressant de le comparer avec le mouvement lent de la dernière sonate de Mozart n°18 en ré majeur.

Le Menuetto Allegretto à trois noires en fa mineur et fa majeur pour le trio contient 73 mesures avec de nombreuses reprises.

Le prestissimo à deux blanches comprend 196 mesures avec deux reprises: c'est une forme rondo avec un développement complexe. Motifs et voix se superposent, s'imbriquent.

Cette sonate que j'ai travaillé à l'âge de douze ans m'effrayait. Je trouvais l'ensemble très difficile. La virtuosité débordante du prestissimo entre autres .

Aujourd'hui, après des années, cette sonate me semble difficile différemment. C'est la composition globale, les choix d'interprétation qui m'apparaissent compliqués.

Faut-il la jouer en pensant au clavecin, au piano forte de l'époque ou bien utiliser toutes les ressources actuelles des pianos modernes?

Beethoven avait dans l'oreille la musique de clavecin de ses prédecesseurs, Haydn, Mozart pour ne citer que ces deux géants et il possédait déjà comme en couveuse toutes les modernités qu'il apporta toute sa vie au monde pianistique.

Classicisme et romantisme semblent se mélanger. En effet comment interpréter le plus justement possible cette première sonate?

Beethoven se lance dans sa carrière de compositeur avec résolution et conviction en  numérotant son travail estimant qu'il peut avancer dans l'aventure. Il connaît ses héritages. Il est capable de faire le tri, de jeter ou de garder ce qui lui semble utile pour affirmer sse propres visions. Haydn lui reproche dans cette sonate des modernités choquantes. C'est dans cette charnière de l'histoire du piano que se situe l'opus 2 n°1 de Beethoven.

Pour bien jouer cette sonate, il convient sans doute d'abandonner des "vieilleries" et réfléchir immédiatement à la personalité de Beethoven et ce qu'il cherche à dire même s'il subit encore les influences de ses maîtres et s'il utilise des matériaux classiques du XVIIIème siècle.

Mais nous sommes à la fin de ce siècle et les idées révolutionnaires sont passées dans l'air.

Il faut sans doute chercher un juste équilibre sonore par un emploi juducieux des pédales, un son à mi-chemin entre le clavecin et le piano et garder à la conscience le récit déjà fougueux et moderne bien que dans une forme traditionnelle.

Les interprétations très différentes des plus grands pianistes proposant cette sonate démontrent bien que les choix ne sont pas évidents.

(Gieseking, Bachaus, Schnabell, Arrau, Kempf, Nat, Brendel etc...)

Ce qui reste important, c'est le chemin pour aller la jouer.

 

15:37 Écrit par nathalie dans Les compositeurs | Commentaires (0)

lundi, 10 décembre 2012

Le picadilly d'Eric Satie

Le Piccadilly est une pièce pour piano d'Eric Satie écrite en 1904.

Elle illustre bien l'intérêt que porte le compositeur au ragtime que l'on retrouve quelques années plus tard dans d'autres pièces telles que « Ragtime Parade ou « La diva de l'Empire »

De forme ternaire (ABA), c'est une marche et une pièce de cabaret qui donnera à Satie (entre autres compositions) une réputation de compositeur de musique populaire.

Plus courte qu'un ragtime de Scott Joplin, elle est construite de manière semblable:

- introduction de quatre mesures

- un premier thème de 16 mesures

- un trio (second thème) au ton de la dominante

- retour du premier thème.

Il s'éloigne un peu de la tradition en ajoutant quatre mesures au trio.

Il aurait été fortement influencé par la chanson américaine : « Hello my Baby » de Howard et Emerson datant de 1899.

Comme l'indique Eric Satie, Le picadilly ne doit pas être jouée trop vite.

En effet, il est important de lui conserver son caractère humoristique et toute la saveur de l'articulation et des nuances écrite avec soin par Satie.

 

19:52 Écrit par nathalie dans Les compositeurs | Commentaires (0)