Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 11 janvier 2016

Le Menuet par Nathalie Decorde

                   nathalie decorde,recherches sur le menuet,article menuet

Un peu d’histoire

Menuet ! Depuis l’enfance, un mot familier mais…

J’en ai joué quelques-uns au piano.

Plus tard, mes élèves en ont joué

Mais le menuet …  ?

Donc, fort peu instruite en la matière, j'ai décidé, un jour de satisfaire ma curiosité tout en comblant mon ignorance.

En lisant des articles, en feuilletant des livres, en cherchant dans les bibliothèques, je suis « allée voir si la danse » ….et,  peu à peu, j’ai reconstitué un peu d’histoire.

Et j’ai découvert une grande histoire.

Celle d’une danse dansée « à petits pas », « à pas menus » qui apparut probablement dans le folklore populaire bien avant qu’elle soit adoptée dans les cours d’Europe (dans la cour des grands)  Elle fut très appréciée, notre petite danse et reçut bientôt tous les titres de noblesse. Elle fut ensuite répertoriée, décrite, expliquée dans des essais spécialisés relatifs à la danse.

Très à la mode au XVIIe siècle, le menuet a fasciné, intéressé, ému d’innombrables personnes, dans le monde aristocratique aussi bien que dans toutes les classes populaires et bourgeoises.

Louis XIV le roi soleil, (1638-1715) était un excellent danseur.  Dès l’âge de sept ans, il pratiquait la danse (qu’il aimait particulièrement) au même titre que l’escrime ou l’équitation. 

Il  fonda « l’Académie royale de danse ».

Et, à cette occasion, , voici ce qu’il écrivit en 1661:

« Louis par la grace de Dieu, Roy de France et de Navarre, À tous presens & à venir, Salut. Bien que l'Art de la Danse ait toûjours esté reconnu l'un des plus honnestes & plus necessaires à former le corps, & luy donner les premieres & plus naturelles dispositions à toute sorte d'exercices, & entre autres à ceux des armes ; & par consequent l'un des plus avantageux & plus utiles à nostre Noblesse, & autres qui ont l'honneur de nous approcher, non seulement en temps de guerre dans nos armées, mais mesme en temps de paix dans le divertissement de nos Ballets.   

Jean-Baptiste Lully (1632-1687), musicien favori à la cour, dansait également et composa à l’ intention du roi une cinquantaine de menuets.

Il travailla avec Molières (1622-1673) pour lequel il écrivit entre autres le célèbre menuet que le Bourgeois gentilhomme apprenait à danser:

M. Jourdain -  Au moins, n'oubliez pas tantôt de m'envoyer des musiciens, pour chanter à table.                                                                                                                                       

Maître à danser - Vous aurez tout ce qu'il vous faut.                                                                         

Monsieur Jourdain - Mais surtout, que le ballet soit beau.                                  

Maître de musique - Vous en serez content, et entre autres choses de certains menuets que vous y verrez.                                                                                                         

M Jourdain - Ah les menuets sont ma danse, et je veux que vous me les voyiez danser. Allons, mon maître.                                                                                   

Maître à danser - Un chapeau, Monsieur, s'il vous plaît. La, la, la; la, la, la, la, la, la;

la, la, la, bis; la, la, la; la, la.

En cadence, s'il vous plaît. La, la, la, la. La jambe droite. La, la, la.

Ne remuez point tant les épaules. La, la, la, la, la; la, la, la, la, la. Vos deux bras sont estropiés. La, la, la, la, la. Haussez la tête. Tournez la pointe du pied en dehors. La, la, la. Dressez votre corps.                                                                                                                                 

M. Jourdain- Euh?                                            

Danse de vie, danse utile, (bonne à pratiquer afin de s’assouplir pour mieux manier les armes), élégante, raffinée, subtile, sage, stricte, noble, les maîtres à danser et de nombreux compositeurs l’ont entouré de mille attentions.

Le  menuet a traversé deux siècles avec succès, toutefois il devient plus léger au XVIIIe siècle, gai, souvent dans un mouvement plus rapide. Un des plus célèbres est celui de André Joseph Exaudet, né à Rouen vers 1710 et mort à Paris en 1762.  Violoniste et compositeur, il a travaillé à l’opéra pour les répétitions de la danse.

Ce si célèbre menuet, extrait des six sonates en trio à deux violons et basse opus 2 publiées à Paris en 1751, un peu oublié de nos jours est reconnu comme une des plus grandes réussites dans le genre sur lequel plusieurs générations ont dansé. Il s’enrichit d’un texte très poétiqueet bucolique de Favart (1710 –1792) :

Cet étang
Qui s'étend
Dans la plaine
Répète au sein de ses eaux
Les verdoyants ormeaux
Où le pampre s'enchaîne
Un ciel pur
Un azur
Sans nuages
Vivement s'y réfléchit
Le tableau s'enrichit
D'images                                                                                                                            

Mais tandis que l'on admire
Cette onde où le ciel se mire
Un zéphyr
Vient ternir
La surface
D'un souffle il confond les traits
L'éclat de tant d'objets

S'efface


Ce menuet si célèbre fut intelligemment parodié sous la révolution française:

Guillotin,
Médecin,
Politique,
Imagine, un beau matin
Que pendre est inhumain
Et peu patriotique.
Et sa main
Fait soudain
Une machine
Humainement qui tuera,
Et qu’on appellera guillotin

Le menuet survit pourtant à la révolution.

Toujours doté d’un grand prestige restant au répertoire des plus grands danseurs.

Dans la suite instrumentale du XVIIIème siècle, il se plaçait immédiatement après la sarabande et avant la gigue finale, alternant souvent avec un deuxième menuet au thème apparenté.

Celui-ci était écrit à trois voix et portait alors l’indication « trio » (suivi généralement de la reprise du premier menuet), nommé ainsi dans les quatuors à cordes, le violoncelliste s’abstenant de jouer.

Ce terme  « trio » désigne quelquefois l’épisode central des sonates et des symphonies, même s’il n’est pas écrit à trois voix.

Il sera la seule danse de l’ancienne suite introduite et adoptée par des compositeurs comme Stamitz ou Haydn, dans la sonate et la symphonie classique avant de céder la place au scherzo Beethovénien (de l’allemand « Scherz » : plaisanterie).

 Au XIXe siècle, il laisse ses titres de gloire à la valse devenue fort à la mode  et, malgré des essais de restitution des maîtres à danser, il trouve sa fin dans une longue agonie, étant tout de même enseigné jusqu’à la seconde guerre mondiale.

Il reste bien-sûr toujours au programme des grandes écoles de musique et de danses internationales.

 

Quelques livres à consulter :

-Guillaume Dumanoir (1615-1997) était « joueur de violon du cabinet de sa Majesté » et maître à danser. Il cite le menuet en 1664 dans son ouvrage intitulé : « Le mariage de la musique avec la dance »

-Raoul Auger Feuillet en fait la description dans le « 5ème recueil de danses de bal durant lesquelles le cavalier les .pieds assemblés pose sa main gauche sur sa hanche et prend de la main droite la main gauche de sa dame qui soutient sa robe de sa main pour l’année 1707 ». 

- « Le maître à danser » de Pierre Rameau (Paris 1725) est  considéré comme le meilleur ouvrage et le plus complet sur le sujet.

- Un  « Traité  de la danse, grammaire de la danse et du bon ton à travers le monde et les siècles depuis le singe jusqu’à nos jours, 6341 danses et articles de tous genres sur la danse » daté de la fin du XIX è siècle nous donne de nombreuses précisions sur les diverses façons de danser les menuets.

 

Ecouter quelques menuets : 

Bach : suites, partitas, concertos brandebourgeois

Beethoven : première sonate pour piano, 8ème symphonie

Berlioz : « Les Follets » dans la damnation de Faust

Bizet : menuet de « L’Arlésienne »

Boccherini : menuets.

Meyerbeer : 3e acte des Huguenots

Mozart : « Don Giovanni » (finale du premier acte), sonate K.331

Lully : dans « Le Bourgeois gentilhomme » de Molière, acte II scène 1 : menuet pour faire danser Monsieur Jourdain

Verdi : «Falstaff » et 1er acte de Rigoletto

Ravel : menuet en ut dièse mineur, menuet antique et menuet sur le nom de Haydn

 

Lire une nouvelle : MENUET de Guy de Maupassant

Maupassant a magnifiquement scellé ce qui fut un long déclin par cette émouvante nouvelle que lui a inspiré le menuet. Parue le 20 novembre 1882 dans le journal Le Gaulois) , elle est dédicacée à Paul Bourget :

Les grands malheurs ne m'attristent guère, dit Jean Bridelle, un vieux garçon qui passait pour sceptique. J'ai vu la guerre de bien près : j'enjambais les corps sans apitoiement.

Les fortes brutalités de la nature ou des hommes peuvent nous faire pousser des cris d'horreur ou d'indignation, mais ne nous donnent point ce pincement au coeur, ce frisson qui vous passe dans le dos à la vue de certaines petites choses navrantes.

La plus violente douleur qu'on puisse éprouver, certes, est la perte d'un enfant pour une mère, et la perte de la mère pour un homme. Cela est violent, terrible, cela bouleverse et déchire ; mais on guérit de ces catastrophes comme de larges blessures saignantes. Or, certaines rencontres, certaines choses entr'aperçues, devinées, certains chagrins secrets, certaines perfidies du sort, qui remuent en nous tout un monde douloureux de pensées, qui entr'ouvrent devant nous brusquement la porte mystérieuse des souffrances morales, compliquées, incurables, d'autant plus profondes qu'elles semblent bénignes, d'autant plus cuisantes qu'elles semblent presque insaisissables, d'autant plus tenaces qu'elles semblent factices, nous laissent à l'âme comme une traînée, un goût d'amertume, une sensation de désenchantement dont nous sommes longtemps à nous débarrasser.

J'ai toujours devant les yeux deux ou trois choses que d'autres n'eussent point remarquées assurément, et qui sont entrées en moi comme de longues et minces piqûres inguérissables.

Vous ne comprendriez peut-être pas l'émotion qui m'est restée de ces rapides impressions. Je ne vous en dirai qu'une. Elle est très vieille, mais vive comme d'hier. Il se peut que mon imagination seule ait fait les frais de mon attendrissement.

J'ai cinquante ans. j'étais jeune alors et j'étudiais le droit. Un peu triste, un peu rêveur, imprégné d'une philosophie mélancolique, je n'aimais guère les cafés bruyants, les camarades braillards, ni les filles stupides. Je me levais tôt ; et une de mes plus chères voluptés était de me promener seul, vers huit heures du matin, dans la pépinière du Luxembourg.

Vous ne l'avez pas connue, vous autres, cette pépinière ? C'était comme un jardin oublié de l'autre siècle, un jardin joli comme un doux sourire de vieille. Des haies touffues séparaient les allées étroites et régulières, allées calmes entre deux murs de feuillage taillés avec méthode. Les grands ciseaux du jardinier alignaient sans relâche ces cloisons de branches ; et, de place en place, on rencontrait des parterres de fleurs, des plates-bandes de petits arbres rangés comme des collégiens en promenade, des sociétés de rosiers magnifiques ou des régiments d'arbres à fruit.

Tout un coin de ce ravissant bosquet était habité par les abeilles. Leurs maisons de paille, savamment espacées sur des planches, ouvraient au soleil leurs portes grandes comme l'entrée d'un dé à coudre ; et on rencontrait tout le long des chemins des mouches bourdonnantes et dorées, vraies maîtresses de ce lieu pacifique, vraies promeneuses de ces tranquilles allées en corridors.

Je venais là presque tous les matins. Je m'asseyais sur un banc et je lisais. Parfois je laissais retomber le livre sur mes genoux pour rêver, pour écouter autour de moi vivre Paris, et jouir du repos infini de ces charmilles à la mode ancienne.

Mais je m'aperçus bientôt que je n'étais pas seul à fréquenter ce lieu dès l'ouverture des barrières, et je rencontrais parfois, nez à nez, au coin d'un massif, un étrange petit vieillard.

Il portait des souliers à boucles d'argent, une culotte à pont, une redingote tabac d'Espagne, une dentelle en guise de cravate et un invraisemblable chapeau gris à grands bords et à grands poils, qui faisait penser au déluge. Il était maigre, fort maigre, anguleux, grimaçant et souriant. Ses yeux vifs palpitaient, s'agitaient sous un mouvement continu des paupières ; et il avait toujours à la main une superbe canne à pommeau d'or qui devait être pour lui quelque souvenir magnifique.

Ce bonhomme m'étonna d'abord, puis m'intéressa outre mesure. Et je le guettais à travers les murs de feuilles, je le suivais de loin, m'arrêtant au détour des bosquets pour n'être point vu.

Et voilà qu'un matin, comme il se croyait bien seul, il se mit à faire des mouvements singuliers : quelques petits bonds d'abord, puis une révérence ; puis il battit, de sa jambe grêle, un entrechat encore alerte, puis il commença à pivoter galamment, sautillant, se trémoussant d'une façon drôle, souriant comme devant un public, faisant des grâces, arrondissant les bras, tortillant son pauvre corps de marionnette, adressant dans le vide de légers saluts attendrissants et ridicules. Il dansait !

Je demeurais pétrifié d'étonnement, me demandant lequel des deux était fou, lui, ou moi.

Mais il s'arrêta soudain, s'avança comme font les acteurs sur la scène, puis s'inclina en reculant avec des sourires gracieux et des baisers de comédienne qu'il jetait de sa main tremblante aux deux rangées d'arbres taillés.

Et il reprit avec gravité sa promenade.

A partir de ce jour, je ne le perdis plus de vue ; et, chaque matin, il recommençait son exercice invraisemblable.

Une envie folle me prit de lui parler. Je me risquai, et, l'ayant salué, je lui dis :

- Il fait bien bon aujourd'hui, Monsieur.

Il s'inclina.

- Oui, Monsieur, c'est un vrai temps de jadis.

Huit jours après, nous étions amis, et je connus son histoire.

Il avait été maître de danse à l'Opéra, du temps du roi Louis XV. Sa belle canne était un cadeau du comte de Clermont. Et, quand on lui parlait de danse, il ne s'arrêtait plus de bavarder.

Or, voilà qu'un jour il me confia :

- J'ai épousé la Castris, Monsieur. Je vous présenterai si vous voulez, mais elle ne vient ici que sur le tantôt. Ce jardin, voyez-vous, c'est notre plaisir et notre vie. C'est tout ce qui nous reste d'autrefois. Il nous semble que nous ne pourrions plus exister si nous ne l'avions point. Cela est vieux et distingué, n'est-ce pas ? Je crois y respirer un air qui n'a point changé depuis ma jeunesse. Ma femme et moi, nous y passons toutes nos après-midi. Mais, moi, j'y viens dès le matin, car je me lève de bonne heure.

Dès que j'eus fini de déjeuner, je retournai au Luxembourg, et bientôt j'aperçus mon ami qui donnait le bras avec cérémonie à une toute vieille femme vêtue de noir, et à qui je fus présenté. C'était la Castris, la grande danseuse aimée des princes, aimée du roi, aimée de tout ce siècle galant qui semble avoir laissé dans le monde une odeur d'amour.

Nous nous assîmes sur un banc. C'était au mois de mai. Un parfum de fleurs voltigeait dans les allées proprettes ; un bon soleil glissait entre les feuilles et semait sur nous de larges gouttes de lumière. La robe noire de la Castris semblait toute mouillée de clarté. Le jardin était vide. On entendait au loin rouler des fiacres.

- Expliquez-moi donc, dis-je au vieux danseur, ce que c'était que le menuet ?

Il tressaillit.

- Le menuet, Monsieur, c'est la reine des danses, et la danse des Reines, entendez-vous ? Depuis qu'il n'y a plus de Rois, il n'y a plus de menuet.

Et il commença, en style pompeux, un long éloge dithyrambique auquel je ne compris rien. Je voulus me faire décrire les pas, tous les mouvements, les poses. Il s'embrouillait, s'exaspérant de son impuissance, nerveux et désolé.

Et soudain, se tournant vers son antique compagne, toujours silencieuse et grave :

- Elise, veux-tu, dis, veux-tu, tu seras bien gentille, veux-tu que nous montrions à ce monsieur ce que c'était ?

Elle tourna ses yeux inquiets de tous les côtés, puis se leva sans dire un mot et vint se placer en face de lui.

Alors je vis une chose inoubliable.

Ils allaient et venaient avec des simagrées enfantines, se souriaient, se balançaient, s'inclinaient, sautillaient pareils à deux vieilles poupées qu'aurait fait danser une mécanique ancienne,un peu brisée, construite jadis par un ouvrier fort habile, suivant la manière de son temps.

Et je les regardais, le coeur troublé de sensations extraordinaires, l'âme émue d'une indicible mélancolie. Il me semblait voir une apparition lamentable et comique, l'ombre démodée d'un siècle. J'avais envie de rire et besoin de pleurer.

Tout à coup ils s'arrêtèrent, ils avaient terminé les figures de la danse. Pendant quelques secondes ils restèrent debout l'un devant l'autre, grimaçant d'une façon surprenante ; puis ils s'embrassèrent en sanglotant.

Je partais, trois jours après, pour la province. Je ne les ai point revus. Quand je revins à Paris, deux ans plus tard, on avait détruit la pépinière. Que sont-ils devenus sans le cher jardin d'autrefois, avec ses jardins en labyrinthe, son odeur du passé et les détours gracieux des charmilles ?

Sont-ils morts ? Errent-ils par les rues modernes comme des exilés sans espoir ? Dansent-ils, spectres falots, un menuet fantastique entre les cyprès d'un cimetière, le long des sentiers bordés de tombes, au clair de lune ?

Leur souvenir me hante, m'obsède, me torture, demeure en moi comme une blessure.

Pourquoi ? Je n'en sais rien.

Vous trouverez cela ridicule, sans doute ?

 

Voir :

Quelques années plus tard, en  1891, la musique étant  une source d’inspiration pour sa peinture, Maurice Denis  (1873-1943)  nous a laissé un tableau intitulé « Le menuet  de la Princesse Maleine » que l’on peut voir au Musée d’Orsay à Paris.

C’est l’un des premiers portraits de Marthe Meurier, sa fiancée qu’il épousa en 1893.

La partition de ce menuet, inspiré de la pièce de Maeterlinck reste introuvable aujourd’hui.

 

Et si vous voulez danser le menuet :

Il peut être dansé par une seule personne, par un couple seul ou deux couples qui se font face ou  trois couples en triangle ou quatre couples disposés en quadrille ou plus encore qui forment alors un grand rond. Il existe plusieurs variantes du menuet car comme toutes les danses il a évolué au long des années. Les figures ont changées bien-sûr selon la mode.

On distingue « Le menuet de la cour », « Le menuet de la Reine » « Le menuet de Louis XV », par exemple.

Il se danse généralement à trois temps avec mesures d’introduction (huit mesures) libre.

Dame et cavalier partent du même pied.

Des jeux de bras,  des présentations des mains, des mouvements de robes très élégants,  des révérences, des fléchissements des jambes,des pirouettes, des saluts s’organisent avec les pas.

Le pas de menuet s’accomplit en deux mesures écrites à ¾. La théorie pour une mesure à trois temps est la suivante : premier temps, le pied droit glisse en avant un peu sur le côté droit en pliant sur les genoux, le deuxième temps, le pied gauche vient se placer devant l’autre, jambe tendue, la pointe touchant seule le sol, le troisième temps, levée  légère du pied droit. Les trois temps suivant inversent la présentation des pieds, ce qui était à gauche se réalisant à droite. La principale figure du menuet est celle appelée Z

Le menuet peut comporter par exemple cinq figures :

1 introduction, 2 principale appelée Z, 3 présenter la main droite, 4 présenter la main gauche, 5 présenter les deux mains.

Voici une description selon Pierre rameau :

Pour six temps :

12 :demi-coupé* du pied droit,  34 : demi-coupé du pied gauche, 5 : pas élevé du pied droit, 6 : pas élevé du pied gauche

Voici un autre exemple :123 : demi-coupé du pied droit, 4 : demi-coupé du pied gauche, 5 : pas élevé du pied droit, 6 : pas élevé du pied gauche.

Les temps quatre et six forment alors un pas de bourrée.

D'autres enfin suggèrent la rythmique suivante :

12 : demi-coupé du pied droit, 3 : demi-coupé du pied gauche, 45 : pas élevé du pied droit, 6 : pas élevé du pied gauche.

*Le coupé : dans la cinquième position, plié des jambes en levant légèrement celle de derrière afin de tendre la pointe derrière la cheville de la jambe de terre.

A votre place je ne tenterai pas l’aventure en solitaire. Il est préférable de contacter un professeur bien qualifié, un bon « maître à danser ».

Mais qui connaît encore cette danse ?

Le menuet n’est pas mort, au contraire écoutez-le dans notre paysage sonore, subtilement caché dans les mouvements un peu lointains de nos ancêtres.

 

14:49 Écrit par nathalie dans Les danses | Commentaires (0)

-La valse

Pour la danser chez vous,  évitez la moquette et les chaussettes,offrez-vous plutôt un beau parquet bien glissant et des chaussures à semelles de cuir.

Si vous êtes une femme, trouvez un homme solide, (pas question de tomber en tournant avec lui) et si vous êtes un homme, proposez vos bras à une femme élégante qui aimera se laisser entraîner dans la danse.

Les longues robes sont généralement appréciées, mais, si, mesdames, vous montrez vos jolies jambes dans une robe courte de Jean-Paul Gaultier, vous ne décevrez personne.

Sachez compter jusqu'à au moins trois, quoique si vous avez le sens de la cadence cela peut s'avérer superflu.

En général, cela se sait, la valse se danse à trois temps (il y a des exceptions diverses dont celle à mille temps dont Monsieur Jacques Brel nous parle dans une célèbre chanson).

Comme vous l'avez déjà deviné, j'aime les valses (parmi beaucoup d'autres choses) et je viendrai vous parler de certaines d'entre elles de temps en temps.

L'une des charmantes valses pour piano de Chopin, remise en 1901 à la Bibliothèque du Conservatoire par un membre de la famille Rothschild, a attiré mon attention depuis longtemps et j'aime la faire découvrir à mes élèves.

Retrouvée plus de 50 ans après le décès de Chopin, cette petite perle s'est ajoutée à la production du compositeur en faisant l'enchantement de tous.

Un manuscrit que Chopin a probablement écrit pour Madame Charlotte de Rothschild et sa fille qui comptaient parmi ses élèves.

En la mineur, c'est une petite pièce abordable dès les débuts d'apprentissage du piano.

Une petite merveille !

14:32 Écrit par nathalie dans Les danses | Commentaires (0)