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mardi, 05 septembre 2017

La beauté

La beauté, notion abstraite, procure une sensation de plaisir, un sentiment de satisfaction.

Forme, aspect visuel, sons, mouvements ...

La beauté élève spirituellement dans toutes les cultures.

La beauté disparaît dans bien des cas, on ne sait comment ni pourquoi.

Elle est sans doute de plus en plus oubliée en même temps que la nature disparaît pour le profit d'êtres humains sans scrupules car la source de la beauté est sans doute dans l'apparence des choses de la nature (les étoiles, les nuages, les couleurs infinies des eaux, des terres, du désert des montagnes des grandes plaines des forêts..)

Elle est aussi bien-sûr intérieure et doit être entretenue pour vivre mieux.

La beauté recréée par les hommes tire son inspiration de la nature et de son respect.

" Il y a une loi de beauté qu'il importe de ne pas oublier! Malgré l'effort de quelques-uns, nous semblons marcher vers cet oubli, tant la Médiocrité, monstre à mille têtes, a de fidèles dans les sociétés modernes" Debussy

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01:03 Écrit par nathalie dans Pédagogie | Commentaires (0)

jeudi, 08 juin 2017

Jouer du piano

 Jouer du piano

 

    Il y a des vérités premières pour jouer du piano. Outre des qualités à développer telle la patience pour servir un bon travail, tirer le son du bout de ses doigts ne s’improvise pas en quelques heures mais se construit tout au long de la vie avec beaucoup de détermination.

Sonorité, style, élégance du phrasé, plénitude des accords, noblesse du rythme, équilibre des proportions, respect des traditions, sens de la couleur et du timbre, résonance harmonique, relief, souplesse, facilité des gestes, doigté, décontraction, liberté, articulation du texte, on n’a jamais cessé de réfléchir pour obtenir toujours plus de beauté.

Le toucher est un art à part entière.

Les doigts doivent servir au « parler des notes » puis au « perler des notes », et parvenir à marcher, courir, flâner... sur le clavier en tous sens sans rudesse mais avec grande fermeté, aisance permanente et sécurité absolue.

L’agilité donc ne vient pas en quelques heures ni l’indépendance des doigts, ni l’indépendance des gestes, ni l’indépendance des mains.

Et si c’est avant tout l’oreille qui guide l’organisation musicale, c'est l'intelligence qui crée la mise en scène. Car il ne suffit pas de posséder une grande virtuosité si elle ne se met pas au service du sens à donner à ce que l’on joue et à ce que l'on veut offrir à soi et au monde.

En établissant une bonne hiérarchie des éléments de travail, on peut tout obtenir.

Se poser les bonnes questions pour obtenir la beauté n'est jamais perte de temps.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que pour obtenir un beau toucher, il faut absolument réfléchir et travailler sur l'équilibre et le poids du corps que l'on transmet au touches, les positionnement et les vitesses d'attaque des bras, des poignets et des doigts.

Sans oublier avec modestie le temps, ce facteur premier dans lequel se déroule immanquablement la musique et notre vie.

Donc ne pas perdre de temps avec de mauvaises habitudes et une technique défectueuse.

Cherchez et vous trouverez, disait Matthieu l'évangéliste. 

Et pas besoin de croire en Dieu pour vérifier la vérité de cette sage phrase.

                                                         Nathalie Decorde Le Vigan , le 8 juin 2017

 

02:26 Écrit par nathalie dans Pédagogie, Piano | Commentaires (0)

samedi, 25 mars 2017

Vlado Perlemuter (première rencontre)

J'avais 14 ans lorsque je le rencontrais pour la première fois dans son appartement de Paris.

Deux pianos à queue noirs s'imbriquaient l'un dans l'autre dans son salon de musique.

J'étais timide, mais pas trop, étonnée mais sans plus.

Il m'accueillit très aimablement et me demanda ce que j'allais lui jouer.

J'avais à mon actif, une étude de Moskowski,( lequel avait été le professeur de Perlemuter) des doigts fort entraînés et une forte volonté .

C'était en septembre.

Il me dit après m'avoir entendu, que je pouvais passer le concours d'entrée rue de Madrid.

Il était intéressé et me laissa entendre que je travaillerai probablement avec lui dans cette prestigieuse maison qu'est le conservatoire de Paris. C'est ce qui arriva un peu plus tard après que j'aie réussi le concours.

Après m'avoir encouragé et remercié , il me demanda de l'écouter . Il ne s'assit pas complètement devant son piano mais un peu décalé, le tabouret un peu de travers, il me joua une note, seulement une.

Je m'en souviens encore tant cette note était belle. C'était un si bémol.

Un si bémol joué par Vlado Perlemuter sur son Steinway, voilà qui pouvait me plaire!

Il m'expliqua qu'il y a des milliers de façons de produire cette note, des centaines d'attaques possibles.

Avec chacun des dix doigts, avec des intensités différentes, en caressant la touche ou en "la prenant de haut" (là, il se mit à rire), en la soignant et en l'écoutant, etc..

Puis il me dit:

"Voyez, Nathalie, chacune des notes que vous jouez doit être aussi belle que celle-ci".

Il suffit de s'appliquer à bien les prononcer l'une dernière l'autre".

Puis il s'assit plus confortablement devant le piano et me joua un passage de la première ballade de Chopin.

A ce moment-là, je fus beaucoup plus impressionnée qu'à mon entrée dans la pièce.

La musique était si belle, elle résonnait parfaitement, elle était comme il faut, à sa place, et je fus profondément émue par les sonorités qui se dégageaient du piano.

En l'entendant, j'ai grandi d'un coup.

J'ai pris conscience d'une chose très importante, c'était la production du son.

Il jouait avec une telle aisance, et moi je comprenais en l'écoutant et en le regardant que résidaient de grands secrets dans le jeu du piano :  toucher, phrasé, nuances parlaient à mon corps.

Je réalisais aussi que j'avais droit à un petit concert privé.

Cela se reproduisit souvent durant le temps de mes études avec lui. Il aimait se mettre au piano pour me montrer comment m'y prendre et il me disait ensuite: "Faites comme moi, Nathalie".

 

 

23:03 Écrit par nathalie dans Interprétation, Pédagogie, Piano, Rencontres | Commentaires (0)

dimanche, 07 février 2016

Marcelle Heuclin

Elle habitait dans le 9ème arrondissement  .

Assistante de Vlado Perlemuter, elle me donnait une heure de leçon particulière chaque semaine.

D'une très grande rigidité, elle était culpabilisante avec moi, qui, très jeune, tentait de comprendre toutes les subtilités contenues dans la musique, par exemple, dans les préludes et fugues de Bach qu'elle décidait de changer tous les quinze jours.

 Si  je n'avais pas compris assez vite à son gré, elle me renvoyait une image détestable de moi-même.

Par exemple, elle pensait que j'étais trop lente  pour transposer dans d'autres tonalités la fugue en do majeur ou celle en la b majeur dans le premier livre du clavier bien tempéré.

Ou bien elle me disait que je n'étais pas assez développée physiquement (j'avais 14 ans) pour jouer le  concerto de Schumann que m'avait demandé par ailleurs Vlado Perlemuter.

En bref, elle était d'une très grande exigence que j'appréciais si toutefois elle me laissait un peu de temps pour assimiler ses conseils de dragon.

Exigeante sur le texte. elle ne supportait pas la moindre erreur, elle avait  raison.

C'était plutôt sa manière de transmettre qui manquait de souplesse pour des jeunes élèves.

Bien-sûr elle devait bien avoir ses préférences et elle n'était pas du genre à avoir lu Jean Piaget, Françoise Dolto ou tout autre réflexion sur l'enfance ou l'adolescence, me semble-t-il.

Plus toute jeune lorsque je l'ai connu, (elle était à l'âge de la retraite)  Vlado Perlemuter  m'envoya travailler avec son autre assistante Suzanne Roche qui habitait à Montmartre.

Mais malgré la terreur qu'elle m'inspirait et qui malheureusement est restée longtemps, je résistais .

Le problème est qu' il n'est pas bon de travailler le piano ou toute autre discipline en ayant à lutter psychologiquement face à des agressions gratuites.

Malgré tout, elle m'a appris que l'on peut transposer des fugues de Bach (sans aucun conseil pour cela). Je devais le faire et point final.

Par contre, elle exigeait que je chante les voix séparées, excellent conseil.

Je me souviens de sa salle à manger où elle me faisait attendre lorsque la leçon précédente n'était pas finie. C'était un peu sombre.

Chez elle, on rencontrait rarement un autre élève. Il y avait un système de portes donnant sur l'entrée qui lui permettaient d'empêcher toute rencontre entre les gens qui défilaient chez elle, élèves ou autres.

C'était un professeur intraitable qui exigeait une totale soumission et une rigueur incroyable. Née en 1900, elle a vécu presque les 100 ans du siècle passé:

J'ai trouvé dans les archives du journal "L'humanité" du 2 Février 1996 l'entrefilet suivant, (il y a 20 ans déjà):

Mort de la pianiste Marcelle Heuclin

La pianiste et professeur de piano française Marcelle Heuclin vient de mourir à Paris à l'âge de quatre-vingt-seize ans. Elève de Lazare Levy et de Francis Planté, Marcelle Heuclin avait été de 1952 à 1972 l'assistante du pianiste Vlado Perlemurter au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.

 

18:01 Écrit par nathalie dans Pédagogie, Rencontres | Commentaires (0)

lundi, 01 février 2016

Technique de piano

Il est très difficile de parvenir à la facilité.

L'une des grandes difficultés que rencontrent les pianistes, c'est de garder les articulations très libres, celles des poignets, des coudes, des épaules, des chevilles tout en ayant des doigts d'acier.

L' attaque (on appelle ainsi le geste nécessaire à la production de chaque son) nécessite un contrôle de l'oreille afin que les harmoniques soient perceptibles selon la durée et l'intensité et cela dès la première leçon de piano car l'oreille guide le geste et jamais le contraire.

Pour cela, plus on possède un excellent piano, mieux cela vaut.

C'est une attention donc, sans relâche dans la construction physique qui dure de nombreuses années et même la vie entière.

Eviter les douleurs, les crispations, les tendinites, les problèmes de dos etc, voilà tout un art et une entreprise d'envergure.

L'aisance dans le corps libère l'esprit et permet de produire une grande qualité sonore afin de laisser s'exprimer toutes les subtilités de la musique que l'on joue.

Libéré des contraintes dites techniques, le pianiste devient alors son propre auditeur au même titre que ceux qui l'écoutent.

Le jeu s'accomplit sans effort.

20:05 Écrit par nathalie dans Pédagogie | Commentaires (0)