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dimanche, 24 septembre 2017

Debussy La cathédrale engloutie

De Escher, La cathédrale engloutie 1929 gravure sur bois sur papier japon 79,2 x 48,3 cm au Musée des Beaux-Arts du Canada.

Difficile?

"- Non ! Juste 39 mesures avec un tempo doux et sensuel, Debussy n'est pas un compositeur adepte du remplissage et des redites… Une pièce très souvent jouée et accessible aux jeunes pianistes après 3-4 ans de piano… assidus, il y a des accords complexes mais seulement deux pages de partition…" (site le Déblocnot')

Le dixième prélude du premier volume de Préludes pour piano date de 1910.

En jouant la cathédrale engloutie ce soir, j'imaginais une cathédrale, vaste monument pris dans les eaux montantes d'une nouvelle forteresse industrielle, un nouveau barrage.

Je pensais également aux Ogives d'Eric Satie.

J'entendais la fin du monde moyennageux du plain chant.

Debussy rend hommage à ce Dieu mystérieux des cathédrales, caché (englouti) en nous-même.

Il utilise (entre autres)

- des modes anciens d'église ( référence aux chants médiévaux),

- des quintes parallèles (effets de cloches dans le lointain),

- l'échelle pentatonique (sons étranges et surprenants)

Il fait parler de larges harmonies sur tous les plans sonores et registres du clavier.

 

La mer a beaucoup inspiré Debussy. Ici, c'est la vieille légende maritime bretonne de la ville d'Ys engloutie dans l'Océan avec l'aide et la manipulation du diable. C'est une légende très ancienne d'origine celtique et christianisée sur le thème de la femme fée, la femme irlandaise "de l'autre monde".

La cité sous-marine de Dahut, fille du Roi celte Gradlon, qui tuait ses amants.

Après la submersion de la ville, elle serait devenue sirène, cherchant toujours à séduire les matelots, par son chant ensorcelant, pour les perdre dans les fonds océaniques.

Une tradition bretonne situe cette ville dans la baie de Douarnenez ou au large de la baie.

De multiples versions existent de cette légende. Dans l'une d'elle, Dahut ne voulait pas d'église dans sa cité mais cette version date de 1926. Mort en 1918, Debussy ne l'aura pas connu.

Il aura probablement entendu parler de la version recueillie par Anatole le Braz (1859 1926) : un marin aurait vu, en plongeant au large, une cathédrale illuminée... On dit encore que les cloches peuvent être entendues par temps calme.

 



23:51 Écrit par nathalie dans Piano