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samedi, 25 mars 2017

Vlado Perlemuter (première rencontre)

J'avais 14 ans lorsque je le rencontrais pour la première fois dans son appartement de Paris.

Deux pianos à queue noirs s'imbriquaient l'un dans l'autre dans son salon de musique.

J'étais timide, mais pas trop, étonnée mais sans plus.

Il m'accueillit très aimablement et me demanda ce que j'allais lui jouer.

J'avais à mon actif, une étude de Moskowski,( lequel avait été le professeur de Perlemuter) des doigts fort entraînés et une forte volonté .

C'était en septembre.

Il me dit après m'avoir entendu, que je pouvais passer le concours d'entrée rue de Madrid.

Il était intéressé et me laissa entendre que je travaillerai probablement avec lui dans cette prestigieuse maison qu'est le conservatoire de Paris. C'est ce qui arriva un peu plus tard après que j'aie réussi le concours.

Après m'avoir encouragé et remercié , il me demanda de l'écouter . Il ne s'assit pas complètement devant son piano mais un peu décalé, le tabouret un peu de travers, il me joua une note, seulement une.

Je m'en souviens encore tant cette note était belle. C'était un si bémol.

Un si bémol joué par Vlado Perlemuter sur son Steinway, voilà qui pouvait me plaire!

Il m'expliqua qu'il y a des milliers de façons de produire cette note, des centaines d'attaques possibles.

Avec chacun des dix doigts, avec des intensités différentes, en caressant la touche ou en "la prenant de haut" (là, il se mit à rire), en la soignant et en l'écoutant, etc..

Puis il me dit:

"Voyez, Nathalie, chacune des notes que vous jouez doit être aussi belle que celle-ci".

Il suffit de s'appliquer à bien les prononcer l'une dernière l'autre".

Puis il s'assit plus confortablement devant le piano et me joua un passage de la première ballade de Chopin.

A ce moment-là, je fus beaucoup plus impressionnée qu'à mon entrée dans la pièce.

La musique était si belle, elle résonnait parfaitement, elle était comme il faut, à sa place, et je fus profondément émue par les sonorités qui se dégageaient du piano.

En l'entendant, j'ai grandi d'un coup.

J'ai pris conscience d'une chose très importante, c'était la production du son.

Il jouait avec une telle aisance, et moi je comprenais en l'écoutant et en le regardant que résidaient de grands secrets dans le jeu du piano :  toucher, phrasé, nuances parlaient à mon corps.

Je réalisais aussi que j'avais droit à un petit concert privé.

Cela se reproduisit souvent durant le temps de mes études avec lui. Il aimait se mettre au piano pour me montrer comment m'y prendre et il me disait ensuite: "Faites comme moi, Nathalie".

 

 

jeudi, 23 mars 2017

Anduze: association des amis de l'orgue"

 Le concert d’ouverture de la saison aura lieu le 2 avril 2017 à 17 heures.

L'organiste Georges Lartigau, assurera ce premier rendez-vous musical de l'année 2017.

Il propose un voyage à travers l’Europe baroque.

Voici l'affiche du concert

Je vous remercie si vous pouviez en faire une diffusion la plus large possible.

Bien à vous

Nathalie DECORDE

Secrétaire des amis de l'orgue d'Anduze

06 14 27 62 62

Georges Lartigau a fait ses études musicales à Pau et à Versailles.

Parallèlement à son métier de professeur à l'Ecole Nationale de Musique de l'Aveyron jusqu'en 2002 et professeur d'orgue et de clavecin au conservatoire départemental de la Creuse jusqu'en 2013, il a donné des concerts en France et à l'étranger en tant que soliste ou accompagnateur.

Il a réalisé un bon nombre de CD et contribué à l'édition d'œuvres pour orgue (Ed.Armiane à Versailles)

Il est très investi également dans la protection du patrimoine et rapporteur du ministère de la culture à la Commission des orgues historiques.

 Concert 020417.png

 

 

 

17:46 Écrit par nathalie dans Orgue | Commentaires (0)

lundi, 20 mars 2017

Le jeu de montre

P1000552.JPG

Orgue de la Collégiale Saint-Martin à Saint-Rémy- de -Provence: cette photo est prise de la tribune.

 

Il n'est pas rare que diverses questions me soient posées.
 
Exemple de questions:
 
" C'est quoi ces tirettes?"
 
" C'est vrai qu'on joue avec les pieds?"
 
" Comment ça marche tous ces tuyaux?"
 
"Il faut pédaler avec les pieds, non?"
 
"Il y a de drôles de bidules, ça s'appelle comment, les boutons où y'a écrit un truc?"
 
"C'est pas trop compliqué de jouer là-dessus?"
 
La dernière question en date qui m'a été posée était charmante, les connaisseurs pourront apprécier:
 
"Il y a une montre qui donne l'heure?"
 
C'était une dame, qui m'avait gentiment apporté une partition à la tribune où je travaillais. Question logique n'est-ce-pas?
 
N'ayant pas le temps de lui expliquer, je lui ai dit que je répondrai un peu plus tard à sa question.
 
 
L'orgue n'étant généralement pas accessible au public (curieux ou non), il est évident que nombre de gens n'ont jamais vu un orgue de près, parfois sur des photos, mais la plupart du temps, ils n'y connaissent rien hormis qu'ils le voient dans les églises, en général perché, souvent très haut.
 
Si un organiste est en train de jouer, il leur arrive de s'asseoir et d'écouter un moment bien-sûr mais cela ne renseigne pas sur le fonctionnement d'autant que la plupart du temps, on ne voit pas jouer l'organiste.
 
Pour ceux qui assistent aux offices et ont donc plus l'habitude de l'entendre, nombre d'entre eux ne l'ont jamais vu de près non plus.
 
 Sans compter tous ceux qui ne rentrent jamais dans un édifice religieux mais dont la curiosité s'éveille s'il leur arrive de parler avec un organiste ou d'assister à un concert.
 
 Aujourd'hui, je vais tenter de répondre à cette dame, laquelle voulait savoir comment la montre donnait l'heure car ce jour-là, je n'avais pas beaucoup de temps devant moi, devant jouer pour un baptême.
 
Il y a bien-sûr de très nombreuses personnes qui savent se servir d'un orgue et de très nombreuses autres qui savent les construire, les entretenir sans compter ceux qui sont des amateurs éclairés sur la question.
 
Ceux-là n'apprendront pas grand chose au sujet de la montre qui donne l'heure.
 
En fait la réponse est simple: et je vous la donne avec les photographies.
 
Le mot "montre" inscrit sur le tirant de registre ou sur les étiquettes, indique que l'on peut mettre l'air en circulation, dans les tuyaux de façade lesquelles se montrent, d'où leur nom et qu'en effet tout le monde peut voir.
 
Voici deux autres photographies:
 
l'orgue de la cathédrale de Montpellier
 
l'orgue du temple de Saint-Hippolyte-du-Fort en Cévennes.091.JPG

orgue saint-Hippolyte-du-Fort 042.JPG

 
Donc pas d'heure, pas de machinerie d'horloge.
 
Toutefois, je vais apporter quelques infos supplémentaires.
 
La montre est un jeu d'orgue.
 
On entend par jeu une série de tuyaux de même timbre qui parlent sur toute l'étendue d'un clavier.
 
Le clavier peut être manuel ou de pédale.
Oui, oui, il y a un clavier pour les pieds.
 
Les jeux de montre sont des tuyaux à bouche, ouverts.
 
Selon la taille de l'orgue, on trouve des montres de 32, 16 ou 8 pieds, parfois de quatre (plus rare).
 
Car on mesure les tuyaux comme les anglais avec des pieds.
Gardons-nous cependant de penser que les orgues sont d'origine anglaise car le pied est une unité de mesure, de longueur plus exactement, qui correspond à celle d'un pied humain: 0,3048 mètres qui, dans l'histoire de l'humanité, est en fait la plus ancienne unité de mesure.
Elle existait déjà trois ou quatre siècles av JC.
L'empire britannique l'a conservée.
Si votre pied est de cette taille, vous pouvez calculer la longueur d'un tuyau d'orgue sans avoir recours à un mètre.
Cette hauteur est calculée depuis la bouche du tuyau. Mais ce n'est pas simple de marcher à la verticale, c'est moins dangereux de se servir de ses pieds pour mesure la distance du cochonnet à la boule au jeu de pétanque.
 
Les facteurs (fabricants d'orgue) ont gardé comme les anglais l'habitude de mesurer les tuyaux en pieds.
 
C'est la raison pour laquelle on peut voir écrit par exemple:
Montre 8 sur un tirant de registre ou sur une étiquette du registre.
Cette mesure correspond au tuyau le plus grave du jeu.
 
Les jeux de montre offrent une grande présence sonore aux tuyaux, qui chantent différemment de ceux qui sont enfermés, dont par exemple, les tuyaux bouchés, ou bourdons, lesquels sont plus doux mais comptent parmi les grands indispensables, car si le positionnement en façade constitue la partie visible de l'orgue, il existe de nombreux autres jeux cachés derrière ceux qui se montrent.
 
De plus, du fait qu'on les voit, les montres sont depuis des siècles, prétexte à de belles décorations, et sont encadrées dans de magnifiques buffets.
 
Elles ont une apparence très soignée, parfois peintes , les bouches peuvent être argentées ou dorées à la feuille. 
En étain, leur aspect est brillant, alors que les tuyaux cachés sont souvent d'un alliage moins riche (étain et plomb) de couleur grisâtre.
 
Enfin, l'utilisation de ces jeux varient selon le répertoire que l'on joue.
 
Cela s'appelle la registration.
 
 
 
 
 

21:47 Écrit par nathalie dans Les instruments de musique, Orgue | Commentaires (2)

vendredi, 17 mars 2017

Remerciements

Bonjour à tous

Ces remerciements comme redémarrage sur mon blog délaissé depuis de longs mois.

En effet, de nombreuses personnes m'ont contacté et laissé des messages auxquels je me suis efforcée de répondre, bien-sûr, mais ai-je assez remercié pour la gentillesse et parfois les éloges que j'ai reçu?

J'ai eu le plaisir également de retrouver d'anciens élèves, ou amis ou collègues de travail ainsi que des gens que je n'avais pas revu depuis parfois des décennies, amis de ma famille et amis d'enfance.

 Le blog est lu et j'en suis contente étonnée même parfois de l'intérêt qu'il suscite.

Encouragée à poursuivre, voici pour aujourd'hui mes pensées très amicales et artistiques.

 

19:25 Écrit par nathalie dans Au sujet de moi | Commentaires (1)

vendredi, 24 juin 2016

Nathalie Decorde à Gif-sur-Yvette suite à la rencontre avec Gérald Bloncourt

Nathalie_014.jpg

La première rencontre avec Gérald Bloncourt fut insolite et fort sympathique.

C'était lors d'une audition de piano de Madame Chalibert dans la banlieue parisienne.

J'avais été invitée par cette dame pour écouter ses élèves.

Gérald était là (avec son appareil photo) en tant que papa d'élève.

Il était gai avec ses yeux rieurs et son magnifique sourire.

Une petite connivence s'est installée:  regards  sur la vie, sur les enfants qui couraient dans le jardin après l'audition.

A la fin de l'après-midi, je fus invitée à jouer une gnossienne d'Eric Satie.

Après m'avoir écouté, Gérald m'a proposé de venir donner un concert au château de Gif sur Yvette, pour la CGT.

J'ai accepté spontanément.

A Gif, des formations étaient organisés par le syndicat et des activités culturelles étaient proposées,concerts, expositions, etc... il y avait un très grand piano à queue, laqué noir, de marque Pleyel dans une belle salle de concert.

J'ai joué Chopin Satie, Scarlatti, Schubert.

Gérald a pris des photos du récital.

http://bloncourtblog.net/

 

 

Nathalie_013.jpg

 

23:40 Écrit par nathalie dans Concerts, enregistrements, Rencontres | Commentaires (0)